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Togo, finances publiques

Au Togo, un solde de 37,3 milliards de francs CFA présenté comme un excédent budgétaire fait débat

Une tribune publiée par Icilome conteste la lecture d'un « excédent budgétaire » togolais de 37,3 milliards de francs CFA pour 2024. Le chiffre mesure la concordance de deux séries d'écritures comptables, pas l'équilibre des finances de l'État.

Illustration : Togo.
Illustration : Togo. Photo : MART PRODUCTION / Pexels

37,3 milliards de francs CFA : c’est le solde que fait apparaître la déclaration générale de conformité de la Cour des comptes togolaise sur les comptes de l’État pour l’exercice 2024. Le 7 octobre 2026, la publication officielle République togolaise en a tiré un titre sans nuance, « Excédent budgétaire en 2024 ».

La déclaration ne dit pourtant pas ce que ce titre laisse entendre. Elle procède du « rapprochement entre les comptes des comptables publics et ceux de l’administration financière ». Autrement dit, elle vérifie que deux séries d’écritures concordent. Un contrôle de cohérence formelle, donc, et non un diagnostic sur l’état des caisses publiques. Le texte officiel le précise lui-même en fin d’article : la déclaration « atteste que les comptes des comptables correspondent à ceux de l’administration ».

Deux réserves accompagnent ce constat. La première renvoie aux observations du rapport sur l’exécution de la loi de finances 2024, qui « devront être prises en compte avant le vote de la loi de règlement ». La seconde vise les erreurs ou irrégularités que pourrait encore révéler le contrôle des comptes des comptables principaux. Le résultat reste donc provisoire et rectifiable. La loi de règlement, acte par lequel le Parlement clôt officiellement un exercice budgétaire, n’a pas été votée.

Un solde qui pèse 0,6 % du PIB

Rapporté à la taille de l’économie, le montant change d’allure. Le produit intérieur brut nominal du Togo s’établissait en 2024 à 5 926 milliards de francs CFA, selon la direction générale du Trésor français citée par la tribune d’Icilome. Les 37,3 milliards en représentent 0,6 %. Même pris au sens économique, un tel solde resterait marginal.

Peut-on pour autant parler d’excédent ? Les estimations du solde budgétaire togolais pour 2024 pointent toutes dans l’autre sens, relève l’auteur de la tribune :

  • la Banque mondiale et le Trésor français retiennent un déficit de 6,4 % du PIB, après 6,7 % en 2023 ;
  • la stratégie d’endettement du ministère togolais avance 5,5 % ;
  • la Banque africaine de développement évoque 4,9 % dans une révision plus récente ;
  • la fiche pays de Bpifrance retient 7,4 %.

Ces écarts tiennent aux définitions retenues et aux révisions successives. Aucune de ces estimations ne décrit un excédent. Sur la base de 6,4 % du PIB, le besoin de financement de l’État togolais atteignait environ 380 milliards de francs CFA, plus de dix fois le solde mis en avant. Le Fonds monétaire international a par ailleurs décalé de 2025 à 2026 l’objectif d’un déficit ramené à 3 % du PIB, et assoupli à 3,5 % le plafond fixé pour 2025.

Une dette qui monte plus vite que le déficit

L’encours de la dette publique togolaise avoisinait 2 555 milliards de francs CFA en 2020. Fin 2024, il atteignait 4 217,7 milliards, soit 69,2 % du PIB selon le ministère des Finances, 72,1 % pour le FMI et d’autres institutions. Le seuil de convergence fixé par l’UEMOA, l’union monétaire qui réunit huit pays d’Afrique de l’Ouest autour du franc CFA, est de 70 %.

Le Fonds a constaté que la dette avait progressé plus vite que le seul déficit budgétaire ne l’expliquait. Une partie de l’écart tient à des dépenses exceptionnelles engagées hors budget, au premier rang desquelles un achat massif d’engrais évalué à 1,7 % du PIB. Un contrôle de conformité ne voit pas ces sorties-là.

La structure de cette dette pèse elle aussi. Près de 58 % est détenue au plan national, sous forme de titres émis sur le marché régional à des taux élevés et pour des échéances brèves, ce qui oblige le Trésor à refinancer souvent. Entre un cinquième et un quart des recettes de l’État iraient au service de la dette, avance la tribune. Chaque franc versé en intérêts, souligne son auteur, est un franc qui n’ira ni à une école, ni à un dispensaire, ni à une route.

Reste la question du débat public. En décembre 2024, le doyen d’âge de l’Assemblée nationale a regretté que les députés aient voté la loi de finances 2025 sans disposer du projet de loi de règlement ni des rapports trimestriels d’exécution du budget 2024 prévus par la loi organique. Des organisations de la société civile ont de leur côté interpellé le gouvernement sur les recettes du phosphate et celles du port de Lomé. Les données pour 2025 ne sont pas disponibles.

Deux séries d’écritures concordent. C’est tout ce que dit le chiffre. Le reste se jouera devant les députés, au vote de la loi de règlement 2024, dont la date n’a pas été annoncée.

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Les faits rapportés ici ont été publiés par les rédactions suivantes. Notre article les réécrit, il n'en recopie aucune phrase.

HARMATTAN Golfe de Guinée et rivière Mano : Togo, Bénin, Guinée, Liberia, Sierra Leone. Commerce transfrontalier, mines, filières agricoles. harmattan@www.referenceinfos.com

Article rédigé à partir des sources citées, avec l'aide d'outils de rédaction assistée, puis relu par la rédaction. Notre méthode

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