L’annonce vient d’un opérateur privé, pas du régulateur. Michael Bozumbil, directeur général de la société de distribution Petrosol, s’exprimait jeudi 27 août sur Joy News, dans l’émission PM Express Business Edition. Ses équipes calculaient encore les chiffres, a-t-il dit, mais la lecture de la tendance du marché lui paraissait suffisamment nette pour écarter une hausse à l’ouverture de la prochaine fenêtre de prix.
Du point de vue de Petrosol, le consommateur peut être rassuré : les prix n’augmenteront pas.
Michael Bozumbil, directeur général de Petrosol
Sur l’éventualité d’une baisse, en revanche, le dirigeant est resté prudent : son ampleur reste à déterminer, a-t-il indiqué selon la transcription publiée par MyJoyOnline. Deux facteurs commandent l’évolution, a-t-il expliqué : les cours internationaux du pétrole et la stabilité de la monnaie ghanéenne. « C’est une combinaison des deux », a-t-il déclaré, citant « les prix internationaux, puis la stabilité du cedi ».
Le rappel n’est pas anodin pour les automobilistes et les transporteurs. Depuis la déréglementation des prix à la pompe engagée en 2015, ce ne sont plus les autorités qui fixent le prix du litre au Ghana : les sociétés de commercialisation ajustent leurs tarifs par fenêtres successives au cours du mois, sous la surveillance de l’Autorité nationale du pétrole. Or les produits raffinés sont importés et payés en dollars. Quand le cedi décroche, la facture d’importation grimpe et efface le bénéfice d’un baril moins cher.
C’est précisément ce décalage que le patron de Petrosol a décrit. Il a évoqué des périodes passées où les cours mondiaux reculaient pendant que la monnaie locale se dépréciait fortement, obligeant les distributeurs à relever malgré tout leurs prix. Le consommateur, a-t-il dit, ne comprenait pas pourquoi la baisse annoncée sur les marchés ne se voyait jamais sur les panneaux des stations.
Aujourd’hui, la tenue du cedi permet selon lui de transférer ce gain aux clients. « Et c’est là toute la beauté de la déréglementation, que ces bénéfices puissent toujours parvenir au consommateur, de sorte que, lorsque la hausse revient, le consommateur soit plus disposé à l’accepter », a-t-il déclaré. Les deux paramètres resteront décisifs, a-t-il ajouté, mais la force de la monnaie nationale a été, selon ses termes, très utile.
Aucun chiffre n’accompagne cette prévision : ni prix moyen du litre, ni niveau du cedi, ni pourcentage de baisse envisagé. Une station-service ne se juge pas sur une prévision. Elle se juge sur son affichage, au premier jour de la fenêtre de septembre.