Le Palais des Congrès de Cotonou servira de cadre à cette huitième édition, organisée à l’initiative de l’Ordre des experts-comptables et comptables agréés du Bénin (OECCA-Bénin). Deux journées, un ordre du jour chargé : financement des économies de la sous-région, transparence des comptes, transformation numérique de la profession et intégration régionale.
L’ambition affichée par les organisateurs tient en une formule : replacer le comptable au centre du jeu économique. Non plus un technicien qui certifie après coup, mais un acteur du financement des États et des entreprises ouest-africaines.
Pourquoi cette profession se retrouve-t-elle sur ce terrain ? Parce que la mobilisation des ressources internes, c’est-à-dire l’impôt et l’épargne collectés sur place plutôt que l’emprunt extérieur, suppose des comptes fiables. Une administration fiscale ne taxe que ce qu’elle voit. Une banque ne prête qu’à une entreprise dont elle peut lire le bilan. Un investisseur n’entre au capital que s’il fait confiance aux états financiers qu’on lui présente. À chacune de ces étapes, le travail de l’expert-comptable conditionne le reste.
L’Union économique et monétaire ouest-africaine réunit huit pays, le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo, qui partagent une même monnaie et une même banque centrale. Ils partagent aussi un cadre comptable commun, hérité du droit des affaires harmonisé de l’Ohada, qui s’applique des grandes entreprises d’Abidjan aux PME de Lomé. C’est ce socle commun qui rend possible un congrès régional de la profession.
La transformation numérique inscrite au programme n’est pas un ornement. Facturation électronique, télédéclaration, dématérialisation des pièces justificatives : les administrations fiscales de la zone avancent sur ces chantiers, et les cabinets comptables suivent ou décrochent. Pour une commerçante de Cotonou ou un transitaire de Sèmè, cela se traduit très concrètement par la manière dont elle déclare son chiffre d’affaires.
Ni le nombre de participants attendus ni le détail du programme n’ont été communiqués à ce stade. Reste une question que les deux journées de Cotonou devront trancher : la profession comptable de l’Union obtiendra-t-elle, auprès des ministères des Finances, le rôle de partenaire qu’elle revendique ? Rendez-vous les 21 et 22 octobre.