Plus de 450 000 euros : c’est le montant du projet lancé le vendredi 9 octobre par l’Union européenne et la GIZ, l’agence de coopération allemande, pour construire ePermis, un guichet numérique de demande et de délivrance des autorisations d’importation de végétaux et de produits destinés à l’agriculture.
Ce permis n’est pas une formalité de plus. Il sert de filtre sanitaire : certains produits importés peuvent introduire des insectes, des maladies ou d’autres organismes nuisibles qui menacent les cultures, et l’autorisation permet aux services de l’État de contrôler ce qui franchit la frontière.
Dans sa version papier, la procédure oblige les entreprises à déposer un dossier physique, puis à attendre. Déplacements répétés, allers-retours entre un bureau et un autre : le temps consommé pèse sur l’importateur comme sur l’administration qui instruit la demande. Pour un négociant en semences, une semaine d’attente avant l’ouverture d’une campagne agricole, c’est du stock immobilisé et un calendrier de livraison qui glisse.
La plateforme doit raccourcir ces délais et permettre à chaque demandeur de suivre l’avancement de son dossier. Elle servira aussi de canal d’échange d’informations entre les services concernés, selon Togonews.
Le pays a déjà franchi ce pas dans l’autre sens. Les certificats phytosanitaires qui attestent qu’un produit exporté est sain sont désormais délivrés en ligne. L’importation restait la dernière étape sur papier.
Quel volume est concerné ? Le Togo a importé environ 92 000 tonnes de végétaux en 2024, dont 60 000 tonnes de semences, d’après les chiffres du ministère de l’Agriculture, et 47 000 tonnes en 2025, sans que la période couverte par ce dernier chiffre soit précisée. Les semences représentent donc, pour 2024, près des deux tiers des tonnages entrés dans le pays : ce sont elles qui commandent le rendement des parcelles la saison suivante.
Le compte à rebours est lancé. Il durera douze mois, et c’est à la longueur des files d’attente dans les bureaux de Lomé, pas au montant du financement européen, qu’on mesurera ce qu’ePermis aura changé.