La ministre de la Santé et du Développement social, le médecin colonel-major Assa Badiallo Touré, a présidé la cérémonie à la Maison des Pupilles de Bamako. Les pensionnaires ont aussi reçu des vivres. La directrice générale de Mali Météo a pour sa part remis cinquante kits de lampadaires solaires à l’établissement, un équipement qui sert autant à l’éclairage des cours qu’à la sécurité nocturne des bâtiments.
Le volet sanitaire a occupé une large part de la journée. Dans le cadre de la Caravane Mali-Maroc de santé visuelle, les pupilles ont bénéficié de consultations ophtalmologiques et de dépistages gratuits, avec remise de verres correcteurs. Des séances de dépistage du cancer du col de l’utérus et une campagne de vaccination contre cette maladie, destinée aux jeunes filles de dix ans, ont également été organisées sur place.
Autour de la ministre figuraient la directrice générale de l’Office national des Pupilles du Mali, l’ambassadeur du Sénégal au Mali, qui conduisait la délégation du Port autonome de Dakar emmenée par son directeur commercial, la directrice générale de Mali Météo, des partenaires institutionnels, des soignants, ainsi que les familles et tuteurs des bénéficiaires. Dans son allocution, selon Bamada, Assa Badiallo Touré a félicité les nouveaux bacheliers pour leur courage et leur persévérance, les invitant à voir dans cette réussite un point de départ plutôt qu’un aboutissement. Elle a salué le geste du Port autonome de Dakar, estimant que performance économique et engagement social peuvent avancer ensemble.
Pourquoi un port sénégalais équipe-t-il des bacheliers maliens ? Parce que le corridor qui relie Dakar à Bamako reste l’une des principales portes d’entrée des marchandises destinées au Mali, pays sans façade maritime. Le Port autonome de Dakar y a un intérêt commercial direct, et l’opération se lit aussi comme un geste de visibilité sur un marché que se disputent les ports de la côte ouest-africaine. Aucun montant n’a été communiqué pour les vingt-quatre motos ni pour les lampadaires.
Le statut de pupille de la Nation, en vigueur au Mali comme dans plusieurs pays de la région, place sous la protection de l’État les enfants d’agents morts en service, au premier rang desquels les militaires. Dans un pays confronté depuis plus d’une décennie à un conflit armé dans le centre et le nord, l’Office national des Pupilles gère une population qui s’élargit au rythme des pertes. La Maison des Pupilles de Bamako en héberge une partie.
Reste la question de la suite. La ministre a appelé les parents et tuteurs à accompagner leurs filles dans la démarche de vaccination contre le cancer du col de l’utérus, une campagne dont le calendrier au-delà de cette journée n’a pas été détaillé. Les vingt-quatre bacheliers, eux, entrent à l’université avec une moto. Il leur faudra des bourses.