La proposition vient de Moscou. C’est Oleg Salagaï, vice-ministre russe de la Santé, qui a suggéré la signature d’une convention entre son département et celui du Mali, lors d’un entretien tenu en marge de la 76ᵉ session du Comité régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique, à Addis-Abeba.
Le texte envisagé couvrirait la production et la fourniture de produits de santé, le déploiement de cliniques mobiles et la formation initiale et continue des professionnels de santé. Le vice-ministre russe a aussi préconisé une feuille de route pour la mise en œuvre des engagements qui seraient retenus. Aucune date de signature n’a été communiquée.
Côté malien, le Médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré a exposé les travaux menés sur le système de santé national, en particulier la construction et l’équipement d’établissements hospitaliers dans le cadre du programme d’urgence présidentiel, selon Bamada. Elle a insisté sur un point précis : la production locale des intrants de dialyse et des kits de césarienne.
Derrière ces deux produits se joue une question d’argent autant que de santé publique. Les consommables de dialyse et les kits chirurgicaux utilisés en maternité sont, pour l’essentiel, importés dans la région, payés en devises et exposés aux ruptures d’approvisionnement comme aux délais de transport. Chaque rupture se traduit par des séances de dialyse repoussées ou des interventions différées.
D’où l’accent mis par la ministre sur l’Usine malienne de produits pharmaceutiques (UMPP), l’outil industriel public du pays dans ce domaine, dont elle souhaite renforcer les capacités pour améliorer la disponibilité des produits de santé essentiels. Ni le coût de cette montée en gamme ni son financement n’ont été précisés.
Oleg Salagaï a pour sa part réaffirmé la disponibilité de la Russie à accompagner le Mali dans le secteur de la santé, notamment par la formation du personnel. Le rapprochement entre Bamako et Moscou, engagé depuis l’arrivée au pouvoir des autorités de transition, s’était jusqu’ici manifesté d’abord dans les domaines militaire et énergétique. La santé s’y ajoute.
À l’issue de la rencontre, le ministre malien a indiqué que son département poursuivrait les discussions avec la partie russe.
Reste la feuille de route. Elle dira ce que chacun apporte, et ce que le Mali produira lui-même.