Un hectare de maraîchage à Goungla, village de la commune de Sabcé, à une dizaine de kilomètres de Kongoussi. Une cinquantaine de femmes et d’hommes y cultivent gombo, aubergine, oignon, piment et tomate, sur un site aménagé en 2025 grâce au projet ESPOIR. « Nous sommes très contentes de leur visite. Le jardin nous a beaucoup soulagées parce qu’il nous permet de travailler et nous rapporte aussi de l’argent », a déclaré Zouma Ouédraogo, présidente des femmes du jardin.
La tournée s’est ouverte à 8 heures, le 24 août 2026, au haut-commissariat de Kongoussi, chef-lieu de la province du Bam. Autour de la table, les autorités provinciales et les responsables de l’organisation Lutheran World Relief (LWR), venus mesurer ce que deux ans d’intervention ont laissé sur le terrain. Trois jours plus tôt, la même équipe achevait un exercice comparable dans les régions du Gulmu et de la Sirba.
Deuxième étape : un atelier de menuiserie. Devant l’établi d’Abdoul Sawadogo s’entassent tables, lits, portes et fauteuils prêts à la vente, sortis des mains du patron et de ses sept employés. L’appui reçu n’a pas pris la forme d’un chèque. « Ils ne nous ont pas donné de l’argent, mais du matériel comme des scies, des perceuses, des pointes, des planches, des chevrons et autres. Je n’ai pas de mots pour leur dire merci », a indiqué l’artisan.
À Sabcé toujours, la délégation a visité des boutiques, des porcheries et des poulaillers montés au profit de bénéficiaires. Le lendemain, à Kongoussi, elle s’est arrêtée dans le restaurant d’une personne déplacée interne, dont l’activité a été relancée avec l’appui de l’ONG. Un groupe de femmes formées à la préparation de bouillies destinées à prévenir la malnutrition, ainsi que des jardins domestiques hors-sol, complétaient le parcours.
Combien de ménages au total ? Le chiffre n’a pas été communiqué. L’enveloppe, elle, est connue : deux millions de dollars américains, soit plus de deux milliards de francs CFA, pour deux ans d’activités réparties entre agriculture, élevage, commerce, nutrition et activités génératrices de revenus. Dans les Kuilsé, nouvelle appellation administrative de l’ancienne région du Centre-Nord, quatre communes ont été couvertes : Kongoussi et Sabcé, mais aussi Bourzanga et Tikaré, selon Lefaso.net.
Le choix de distribuer des outils plutôt que des liquidités est la marque des programmes de relance des moyens de subsistance en zone fragile : l’équipement reste dans l’atelier, il ne se dilue pas dans les dépenses du ménage. Dans une province où l’insécurité a poussé des familles à quitter leur village, le jardin communautaire et l’échoppe jouent un double rôle, source de revenu et point d’ancrage.
La directrice pays de LWR, Kouka Zoungrana, a rappelé que le projet a démarré en septembre 2024 pour s’achever en août 2026, et présenté cette tournée comme un exercice de redevabilité, destiné à constater les réalisations et à recueillir l’appréciation des bénéficiaires. L’organisation estime les résultats escomptés atteints. Le haut-commissaire du Bam, Karim Ouédraogo, s’est dit « très satisfait des réalisations du projet ESPOIR » et a invité les bénéficiaires à maintenir la dynamique.
Reste la question que la tournée n’a pas tranchée : aucune reconduction, aucun financement de relais n’a été annoncé pour l’après-août 2026. Le jardin de Goungla, lui, prépare sa prochaine campagne.