Sept pour cent : c’est la progression enregistrée par le Niger, en tête des huit États de l’union sur le trimestre, portée par ses ressources extractives. À l’autre extrémité du classement figure la Guinée-Bissau, avec 4,9 %. L’écart atteint 2,1 points.
À l’échelle régionale, la croissance reste proche de son niveau du trimestre précédent, 6,1 %, soit un très léger ralentissement qui ne remet pas en cause la trajectoire annuelle retenue par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest. Le chiffre de cette prévision annuelle n’est pas détaillé dans le rapport tel que rapporté par Financial Afrik.
Le moteur est identifié : les activités extractives, pétrole, or et uranium, dans plusieurs pays membres. C’est une dépendance connue, et elle a un revers. Les recettes budgétaires de ces États suivent des cours mondiaux qu’aucune capitale de la zone ne fixe, et un repli des prix se transmet aux finances publiques en quelques mois.
L’UEMOA réunit le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo autour d’une monnaie commune, le franc CFA, et d’une banque centrale dont le siège est à Dakar. Ce cadre partagé n’empêche pas les écarts de rythme entre économies minières, économies agricoles et économies de services.
La dernière place de la Guinée-Bissau illustre ce décalage. Le pays ne dispose pas d’une industrie extractive comparable à celle de ses voisins et tire l’essentiel de ses devises d’exportation de l’anacarde, une filière exposée aux aléas de la campagne et à la demande des transformateurs asiatiques. Une croissance de 4,9 % reste soutenue au regard des moyennes continentales, mais elle repose sur une base économique plus étroite.
Pour un commerçant de Ziguinchor ou un transporteur entre Dakar et Bissau, ces points de pourcentage ne disent encore rien du prix du sac de riz ni du coût du crédit. Ils orientent en revanche la politique monétaire de la BCEAO, donc les taux auxquels les banques de la zone prêtent aux entreprises.
La prochaine publication de la banque centrale dira si le rythme se maintient au second semestre. Les cours de l’or et du pétrole, eux, n’attendront pas ce rendez-vous.