Trois axes, aucun chiffre. Dasha Dougans, directrice pays de la BERD au Bénin, a exposé dans la salle de réunion du ministère l’architecture de l’accompagnement que la banque propose aux petites et moyennes entreprises béninoises, devant le secrétaire général du ministère, le directeur de cabinet, le directeur général de l’ADPME et les responsables techniques du département.
Le volet le plus attendu par les chefs d’entreprise est le deuxième : l’accès au crédit. La banque dit passer par des établissements financiers partenaires et mobiliser des lignes de crédit, des mécanismes de partage de risques, du financement des chaînes d’approvisionnement, un soutien aux fonds d’investissement et, pour les entreprises à fort potentiel, un financement direct. C’est le point de blocage habituel des PME de la sous-région, où le collatéral exigé par les banques commerciales écarte une grande partie des demandeurs.
Le premier axe relève du conseil aux entreprises, via le programme ASB de l’institution, destiné à préparer les sociétés à la croissance. Le troisième porte sur l’écosystème entrepreneurial, c’est-à-dire l’environnement réglementaire et institutionnel dans lequel ces entreprises opèrent. Trois priorités traversent l’ensemble : la transition verte, la transformation numérique et l’inclusion, avec une attention affichée aux jeunes et aux femmes.
La ministre a inscrit cette offre dans la ligne fixée par le chef de l’État, Romuald Wadagni, pour son département. « La recherche de l’amélioration de la productivité de nos PME passe également par l’amélioration des compétences des jeunes et des femmes, l’accès au financement et le développement de l’écosystème entrepreneurial », a déclaré Awaou Baco, selon Matin Libre. Elle a demandé à ses services de travailler en complémentarité avec les autres partenaires techniques et financiers.
La présence de la BERD à Cotonou n’a rien d’ancien. Créée en 1991 pour accompagner la transition des économies d’Europe centrale et orientale, l’institution a élargi son mandat à l’Afrique subsaharienne, où le Bénin fait partie des premiers pays bénéficiaires. Ouvrir un bureau, recruter une directrice pays, présenter une gamme de produits : la séquence est celle d’une banque de développement qui s’installe, pas encore d’une banque qui décaisse.
Que touchera concrètement une entreprise de transformation d’anacarde à Parakou ou une société de logistique à Cotonou ? Rien n’est encore arbitré : aucun montant d’enveloppe, aucune banque partenaire et aucun calendrier n’ont été rendus publics à l’issue de l’audience.
Les deux institutions doivent maintenant se réunir pour étudier un cadre de partenariat, avec l’objectif affiché de rendre les PME béninoises plus compétitives sur les marchés extérieurs. Reste à savoir quand ce cadre sera signé. Et à quel prix l’argent arrivera jusqu’aux entreprises.