Trois communes, une même vallée. Adjohoun, Bonou et Dangbo, dans le département de l’Ouémé, concentrent l’effort du projet SAP055, que les deux ministères ont présenté à l’hôtel Golden Tulip de Cotonou, aux côtés du Fonds national pour l’environnement et le climat (FNEC). Les trois zones sanitaires correspondantes en constituent le périmètre d’intervention.
Les autorités visent deux priorités sanitaires : le paludisme et les maladies cardiovasculaires. Les ministres du Cadre de vie et de la Santé, ainsi que le maire de Cotonou, présentent la couverture des besoins de soins dans ces trois communes comme la condition première du dispositif. L’objectif affiché tient en une phrase : préserver la santé de ces populations face aux aléas climatiques.
Le ministre du Cadre de vie a organisé son intervention autour de trois idées. Il place d’abord le changement climatique parmi les déterminants majeurs de la santé, citant les variations extrêmes de température, la dégradation de la qualité de l’air et l’instabilité des saisons, qui pèsent selon lui sur la dynamique des maladies. Il présente ensuite la protection de l’environnement comme un levier de réduction de la morbidité. Il en tire une conclusion : environnement et santé doivent travailler ensemble. Son homologue de la santé partage cette lecture et juge le projet opportun pour renforcer la couverture sanitaire des trois communes.
Appolinaire Gnanvi, directeur général du FNEC, a décrit le lancement comme l’aboutissement de plusieurs années d’espoir pour la santé des habitants d’Adjohoun, Bonou et Dangbo. Le fonds est l’instrument public béninois dédié au financement de l’environnement et du climat ; il intervient ici en appui aux deux ministères.
Le choix de ces trois communes ne surprendra personne dans la région. Elles occupent la basse vallée de l’Ouémé, une plaine que le fleuve inonde chaque année à la saison des pluies, et dont les habitants tirent l’essentiel de leurs revenus du maraîchage, des cultures de décrue et de la pêche. Quand l’eau monte plus tôt, plus haut ou plus longtemps, elle emporte à la fois les récoltes et les repères sanitaires : eaux stagnantes, gîtes larvaires, accès aux centres de santé coupé. C’est ce double coût, agricole et médical, que le projet dit vouloir atténuer.
Matin Libre ne mentionne ni le budget du projet, ni sa durée, ni la part respective des deux ministères et du FNEC dans son financement. Le nom des activités prévues dans chaque zone sanitaire reste également à préciser.
Reste donc l’essentiel pour les habitants de la vallée : combien, pendant combien de temps, et versé par qui. Le chiffre viendra après le discours.