Cent personnes, environ. C’est l’effectif de la première promotion que le ministère de l’Éducation nationale a mise en formation lundi 24 août, à Lomé, sur le numérique, les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle. Mama Omorou, qui dirige le ministère, a lancé lui-même ce cycle, présenté comme la première brique d’une stratégie gouvernementale destinée à installer ces outils au centre de l’enseignement togolais.
Leur mission viendra après. Une fois formés, ces « Fabmanagers » devront transmettre ces compétences aux collégiens et aux lycéens, mais aussi aux étudiants des écoles polytechniques, d’ingénieurs et d’architecture. Leur champ d’intervention s’étendra jusqu’aux facultés des sciences et technologies, donc à l’enseignement supérieur. Le dispositif doit couvrir l’ensemble du territoire dès la prochaine rentrée scolaire.
Le terme mérite d’être expliqué. Un fablab est un atelier partagé équipé de machines de fabrication numérique, imprimante 3D, découpeuse, outils de prototypage, où l’on conçoit et fabrique un objet à partir d’un fichier. Le fabmanager, c’est la personne qui fait tourner ce lieu : elle règle les machines, encadre les utilisateurs, forme les débutants. Le Togo transpose ici cette fonction, née dans l’univers associatif et entrepreneurial, à l’intérieur du système scolaire public.
L’intention affichée par le gouvernement est de traiter le digital et l’intelligence artificielle non plus comme des matières annexes, mais comme des outils transversaux mobilisés tout au long du parcours de l’élève, selon Togonews. C’est un choix pédagogique, et un pari sur l’emploi : les compétences numériques figurent parmi les rares dont la demande régionale progresse plus vite que l’offre de main-d’œuvre formée.
Qui paie, et combien ? Ni le budget du programme ni son mode de financement n’ont été communiqués. La question n’est pas secondaire : dans ce type de dispositif, la rémunération des formateurs pèse généralement moins lourd que le reste, machines, consommables, raccordement électrique, connexion internet et maintenance, des postes qui reviennent chaque année et non une seule fois. Une imprimante 3D sans crédit de consommables cesse vite de servir.
La prochaine rentrée servira de test. Elle dira combien d’établissements accueillent effectivement un atelier, quels matériels y sont installés et sur quelles heures de cours ces formateurs interviennent. Cent formateurs sont annoncés. Reste à savoir dans quelles salles ils travailleront.