Le contrôle a eu lieu à Mahinamine, poste frontalier du cercle de Kéniéba. Quatre camions-remorques transportant des bœufs y ont été arrêtés, puis immobilisés le temps des vérifications. Aucun des documents exigés par la réglementation du commerce extérieur malien n’a été présenté par les convoyeurs, selon la direction régionale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence (DGCC) de Kayes.
L’opération a été menée par la brigade mobile du service local de la DGCC de Kéniéba, sous la supervision du directeur régional, Robo Bayo. Celui-ci indique que les équipes ont resserré leur dispositif sur instruction du ministère de tutelle et de la direction générale.
L’équipe de la Brigade d’investigation a intercepté quatre camions de bétail à la frontière, précisément à Mahinamine, à destination d’un autre pays et en violation du dispositif du commerce extérieur. Les camions ont été immobilisés. Après vérifications, les documents du commerce extérieur qu’ils devraient posséder n’existaient pas.
Robo Bayo, directeur régional de la DGCC de Kayes
Le pays de destination n’est pas nommé. Le cercle de Kéniéba, à l’extrême ouest du Mali, touche à la fois le Sénégal et la Guinée, et ses pistes servent depuis longtemps au commerce de bétail sur pied vers les marchés côtiers. C’est là que se joue l’essentiel de la question : un bœuf exporté sans intention d’exportation déclarée échappe au contrôle des volumes, mais aussi aux recettes que l’État tire de ces flux.
L’élevage compte parmi les premières sources de devises du Mali, derrière l’or et le coton, et il fait vivre les familles pastorales du Sahel occidental comme les intermédiaires des marchés à bétail. Quand les troupeaux quittent le pays hors des circuits déclarés, deux effets se cumulent. Les statistiques de la filière perdent leur fiabilité. Et l’approvisionnement des boucheries de Bamako et de Kayes se tend, en particulier avant les fêtes, quand la demande intérieure grimpe.
C’est précisément l’argument avancé par la DGCC, qui dit vouloir sécuriser l’approvisionnement du marché national tout en poursuivant les pratiques commerciales frauduleuses, conformément aux directives des autorités. Bamada ne précise ni le nombre de têtes de bétail concernées, ni la valeur marchande des chargements saisis.
Reste à savoir ce que deviennent les bêtes et les véhicules. Aucune sanction n’a été rendue publique, aucune procédure judiciaire n’a été annoncée à l’encontre des convoyeurs, et le sort des quatre remorques immobilisées n’a pas été communiqué. À Mahinamine, le contrôle a fonctionné. Il faudra maintenant vérifier ce qu’il produit en droit.