Quatre ministres l’accompagnaient. Depuis le matin du mercredi 9 septembre 2026, ceux-ci travaillaient avec leurs homologues guinéens à identifier les dispositions à prendre en matière de migration, avant l’audience accordée à leur vice-président, Mohamed Juldeh Jalloh, au Palais de la Colombe. Le Premier ministre Amadou Oury Bah a installé un comité qui a déjà commencé à travailler avec la délégation sierra-léonaise, a déclaré le vice-président à l’issue de la rencontre.
Deux séries de dispositions sont prévues. Les premières doivent s’appliquer tout de suite, les secondes s’étaler dans le temps, selon les explications données par le vice-président, qui a placé cet ensemble sous le régime des obligations internationales des deux États.
On va promouvoir deux catégories de mesures : les mesures à court terme, c’est-à-dire immédiatement qu’on va exécuter, et une autre catégorie de mesures qu’on va appliquer au fur et à mesure dans le futur. Parce que nous, on sait qu’on est dans l’obligation de respecter tous nos engagements internationaux, y compris ceux qui concernent la migration
Mohamed Juldeh Jalloh, vice-président de la Sierra Leone
Le contenu, lui, reste à publier. Mosaïque Guinée indique que les deux gouvernements ont abordé des questions sociales, économiques et migratoires, et qu’ils se sont accordés à unir leurs forces pour une meilleure gestion des mouvements de population entre les deux pays.
Un point est déjà arrêté : l’identification des ressortissants par deux documents distincts. « Parmi les mesures, c’est aussi de doter tout ressortissant d’une carte consulaire et d’une carte de commerçant pour identifier chacun et son activité », a indiqué Mohamed Juldeh Jalloh, qui distingue les Sierra-Léonais salariés en Guinée de ceux qui y tiennent un commerce. Le dispositif doit être réciproque, appliqué de part et d’autre de la frontière.
Les deux États sont membres de la Cedeao, dont le protocole sur la libre circulation permet aux ressortissants de la région d’entrer sans visa chez le voisin. Une carte consulaire ne crée aucun droit de séjour. Elle atteste seulement que son porteur est connu de la représentation diplomatique de son pays, ce qui facilite les démarches administratives et les vérifications d’identité. La carte de commerçant, elle, touche directement au travail quotidien : elle rattache un nom à une activité, sur un marché, dans une ville.
Qui délivrera ces cartes, à quel tarif, dans quel délai ? Aucune de ces réponses n’a été communiquée à ce stade. Le vice-président a inscrit l’exercice dans le registre du voisinage : « Comme on dit souvent, la Guinée et la Sierra Leone, c’est un même peuple d’un même pays. »
L’annonce viendra « dans les jours à venir », a dit Mohamed Juldeh Jalloh. Les commerçants des deux bords l’attendent.